Paroisse Saint-Vincent-de-Paul “Les Réformés”
Musique : “Ma liberté ” (Serge Reggiani)

Né en 1959, le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, est un prêtre atypique, en raison de ses racines familiales et de son parcours personnel.
Comme le suggère son double patronyme, ses origines sont à la fois slaves et méditerranéennes. Son grand-père maternel, Henri Sorkine, était un immigré russe de confession juive arrivé à Paris au début du XXème siècle et qui, sans se convertir lui-même, fit baptiser ses deux filles ; c’était à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Sauvé in extremis de la persécution nazie qui emporta dans le naufrage de la déportation certains membres de sa famille, Henri Sorkine continua son parcours, greffant dans le cœur de ses enfants de profondes valeurs humaines. Une vocation sacerdotale naquit néanmoins dans ce contexte. Quant aux racines paternelles, elles baignent abondamment aux rivages de l’Italie et de la Corse.
Notre Père aime à dire qu’il eut des parents admirables, Jacques et Suzanne, dont l’amour sans ombre continue d’éclairer sa propre volonté d’aimer. A l’âge de treize ans, il perd sa mère. La route se fait douleur cependant que l’amour de son père et de son frère aîné, ainsi que sa foi déjà si fortement ancrée en lui, ne laisse pas de fortifier son courage et d’armer sa volonté.
Avant de répondre à l’appel du sacerdoce, reçu à l’âge de huit ans, Michel-Marie Zanotti-Sorkine, après des études d’Histoire à l’Université de Nice, a poursuivi pendant plusieurs années, essentiellement à Paris mais aussi à Monte-Carlo, une carrière artistique d’auteur-compositeur-chanteur, allant de cabarets en piano-bars, découvrant une humanité apparemment éloignée de Dieu mais riche de désirs infinis.
Cette période est l’histoire d’un dilemme : l’amour de Dieu l’emportera-t-il sur d’autres attirances ? L’Art ne pourrait-il par lui-même suffire pour élever l’âme ? Pourquoi tout quitter ? Porter en soi une vocation sacerdotale et vivre au plein cœur de la nuit, proche d’une humanité blessée en quête de vérité, n’est pas sans retentir sur la manière d’agir aujourd’hui de ce prêtre.
Durant ce temps, Michel-Marie Zanotti-Sorkine fut soutenu par Marthe Robin, par le Père Joseph-Marie Perrin, grande figure du XXe siècle qui aida spirituellement la philosophe Simone Weil, ainsi que par le Père Marie-Dominique Philippe, fondateur de la Congrégation Saint-Jean, auquel le lia une relation de profonde intimité jusqu’au décès de ce dernier en 2006.
En outre, ayant eu à accompagner jusqu’à la mort des malades du Sida, Michel-Marie Zanotti-Sorkine conçut alors à leur intention une prière mariale. Encouragée par le Conseil pontifical pour la Santé et bénie par le pape Jean Paul II, cette prière connaît une diffusion mondiale.
Pour intégrer une telle personnalité dans les rouages ecclésiaux, rien ne fut simple. En un premier temps, Michel-Marie Zanotti-Sorkine entra dans l’Ordre dominicain où il resta quatre ans, poursuivant ses études à l’Institut catholique de Toulouse. Puis, il opta pour l’Ordre franciscain où il demeura également quatre années.
Après des passages à Trévise, Padoue et Rome où il acheva ses études à l’Université pontificale de l’Angelicum, il fut envoyé en Roumanie, chargé de la formation d’une quarantaine de jeunes dont dix-neuf sont aujourd’hui prêtres. De ce séjour dans cette région dominée par la misère mais où la foi triomphait, le Père Zanotti-Sorkine a rapporté quantité de faits plus émouvants les uns que les autres. Un livre évoquant l’émouvante figure de l’un de ses anciens élèves mort à l’âge de vingt-six ans en allant célébrer sa première messe paraîtra au cours de l’année 2009.
Enfin, par un ultime rebond causé par bien des épreuves, il décida de rejoindre le clergé séculier, ceci afin de disposer d’une plus ample liberté d’action. En 1999, à l’âge de 40 ans, il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Marseille par le cardinal Bernard Panafieu. Il célébra sa première Messe en la Chapelle du Monastère de la Visitation de Tarascon, revêtu de la chasuble de François de Sales, offrant le Sacrifice avec le calice du saint.
Aujourd’hui, il a la charge d’une très grande paroisse, l’Église Saint-Vincent-de-Paul située en haut de La Canebière, la célèbre artère marseillaise. Totalement donné à son ministère et disponible aux âmes, le cœur dans la prière, il a su redonner visibilité à la présence chrétienne en cette paroisse. La renaissance est spectaculaire ; la foule se presse.

En effet, le dimanche, c’est tout le peuple de Dieu, dans sa grande diversité de classes, de races et d’âges, qui s’y rassemble pour la messe, attirée par la beauté du lieu, la qualité de la liturgie, la force de la prédication et la sacralité qui imprègne désormais cette église. En très peu de temps, celle-ci est devenue l’un des principaux pôles spirituels de la cité phocéenne.
Tout en étant pleinement à l’aise dans son identité de prêtre, le Père Zanotti-Sorkine, qui porte la soutane, non comme un étendard mais selon son expression comme une « blouse de travail », refuse les catégories dans lesquelles se complaisent tant de chrétiens qu’il invite à sortir de leur enfermement trop souvent dû à une approche idéologique ou théorique de la foi.
Il a par ailleurs le souci d’atteindre les indifférents, les méfiants ou les déçus de l’Église, et même les non-catholiques, nombreux dans ce quartier où vivent beaucoup d’Arméniens, de juifs et de musulmans (Maghrébins et Turcs). Il refuse également la conception d’une Église-système, qui donne aux structures une place démesurée. Sa méthode est simple et à la portée de tous : la conviction de la foi et la bonté se donnant la main, marchant à travers le prêtre dans les rues de la cité.
Les résultats montrent la justesse de cette voie et indique comment la foi chrétienne peut parvenir à imprégner un quartier, une ville, dans le respect d’un environnement où se côtoient différentes cultures et conceptions de la vie sans que soit pour autant gommée l’identité propre de l’Église.
Le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine vient de réaliser un DVD où il interprète lui-même une chanson de sa composition, « Pour l’amour de l’Amour », destinée à présenter la foi à ceux qui ne l’ont pas.
A ce jour, il est l’auteur de cinq livres : De l’amour en éclats (2003), De sa part, douze lettres de saint Dominique écrites post gloriam (2004), A l’âge de la lumière, dialogues avec la pensée des hommes (en collaboration avec le Père Marie-Dominique Philippe)(2006), La Passion de l’Amour (2008), Prêtre pour huit jours et pour l’éternité (2009).
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